Fort du succès, commercial et critique, de son enregistrement précédent (Blues Menessen – 2010), Roland Tchakounté élargit encore son audience avec ce Ndoni, véritable roman en douze chapitres où se mêlent riffs bleus et senteurs africaines dans une atmosphère que leur auteur voudrait plus légère…
Fort du succès, commercial et critique, de son enregistrement précédent (Blues Menessen – 2010), Roland Tchakounté élargit encore son audience avec ce Ndoni, véritable roman en douze chapitres où se mêlent riffs bleus et senteurs africaines dans une atmosphère que leur auteur voudrait plus légère…
« Je ne suis pas quelqu’un de triste« , affirme-t-il. « Je suis même un optimiste, mais l’optimisme, ce n’est pas la fuite. C’est au contraire regarder en face la réalité de l’existence, sans se mentir à soi-même et sans mentir aux autres. C’est ce que je m’applique à faire avec ma musique, en sachant que le meilleur moyen de dépasser la souffrance est encore de l’exprimer« .
Cette philosophie de la catharsis, celle-là même qui confère au blues son universalité depuis un siècle, se trouve au cœur de ce nouvel opus ouvert sur le monde : « Mon idée était de créer cette fois un répertoire capable de refléter le sens de la fête propre à l’Afrique, en allant puiser dans l’énergie magique des sonorités venues du blues et du rock« . Cette diversité se ressent dans le contraste entre l’ambiance électrique de « Fang am », la composition qui ouvre les premières mesures de ce road movie, et un « Kemen » feutré dans lequel on perçoit en filigrane les mélodies peules qui ont marqué l’enfance de Roland Tchakounté. À mesure que se poursuit ce voyage onirique à travers l’Afrique et le Delta, sont évoqués le sort doux amer du Premier Continent (« Farafina » et « Bouden ndjabou »), et plus généralement les méandres des sentiments universels qui nous animent et nous font vibrer, au-delà de la diversité des cultures humaines.
Mais s’il cherche à comprendre les raisons invisibles de la souffrance (« Mbak tchan yogsou kidi »), de la solitude (« Adendja » et « Lana ») ou de la peur (« Chuboula »), Roland Tchakounté dévoile également une facette inédite de sa personnalité en célébrant la force rédemptrice du sourire (« Smile »), le pouvoir de la liberté (« Meden mbwoga ») et la puissance de l’espoir (« Anetchana »). Ce besoin d’apaisement se fait sans concession, dans la conscience que l’avenir de l’Afrique doit s’écrire au présent, et non se rêver au futur. À cet égard, le titre de cet album est sans ambiguïté. « Ndoni », dans ma langue, signifie « maintenant », explique l’auteur. Pour moi, il ne doit pas s’agir d’une utopie, mais d’une clé de démarrage. À force de remettre sa révolution à demain, l’Afrique s’enfonce. À nous de la réveiller« . En apportant une contribution passionnée à cet objectif, cet album magnifique mérite tout notre respect.
Fiche:
Roland Tchakounté (auteur, compositeur, guitariste acoustique, basse, voix)
Mick Ravassat (guitare électrique, basse)
Mathias Bernheim (batterie, percussions)
Renaud Cugny (piano, orgue)
Christophe Dupeu (harmonica)
Fatoumata Diawara (voix sur « Farafina »)
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